• En 2007, Chantal Selva adapte « Pollen», le recueil de poésie de Jean-Noël Chrisment, publié chez Gallimard pour un court-métrage réalisé par Ange Di Maria et produit par Tahiti Films. Acteur John Mairai. Musique de Tapuarii Laughlin

Bande annonce de Pollen :

Le synopsis : après la perte brutale de son frère, plus jeune, avec lequel il était très lié, John nous entraîne dans les méandres de ce deuil, par la poésie et l’imaginaire, entre tristesse, désespoir, amour et joie de vivre.

Ce court métrage ne rentre pas dans un genre défini. C’est une œuvre de création contemporaine hybride qui émerge du croisement de plusieurs approches. C’est le produit d’une rencontre entre l’auteur, le réalisateur et l’acteur. La technique audiovisuelle est alors au service d’un imaginaire collectif  qui se constitue autour de l’œuvre. Entre fiction cinématographique, cinéma expérimental, approche vidéo, diction d’un texte de poésie, les frontières s’estompent. Chacun y verra ce qu’il voudra y voir en fonction des émotions qu’il aura ressenties. C’est l’émotion qui est déterminante.

Ce court métrage est aussi l’expression du dialogue entre deux cultures : métropolitaine et polynésienne. Le texte d’un auteur métropolitain qui vit en Polynésie est confronté, dans l’adaptation, à un univers polynésien qui permet de montrer une autre Polynésie.

Le texte de JN Chrisment s’y prêtait sa démarche étant avant tout phénoménologique : le poète transcrit ce qui survient dans le monde et sa façon singulière d’être au monde. Ce qui « survient dans le monde », source d’émotion, est de l’ordre de l’universel. Cela dépasse les frontières géographiques et culturelles. C’est une expérience qui s’adresse à tous les hommes, n’importe où dans le monde.

Ce texte s’y prêtait également parce qu’il est marqué par une forte oralité. C’est un texte musical. Son aspect de mélopée est recevable dans la langue polynésienne.  L’oralité permettait de faire le lien avec la culture polynésienne et de remettre à l’honneur son oralité profonde. La poésie apparaît alors comme un bon vecteur de lien entre les cultures.

Enfin, c’est le concept de métamorphose qui permet la fusion entre les deux cultures. La métamorphose est un concept universel. On le connaît depuis Ovide, dans la Grèce antique, on le retrouve dans toutes les cultures. Grâce au principe littéraire de la métamorphose, qui renvoie aussi à des croyances polynésiennes, la vie, la mort, le temps entrent dans un éternel recyclage  de ce sentiment qui fonde l’existence de tous les hommes : l’amour.

  • Après avoir suivi les séminaires de Robert MCkee, scénariste américain, Chantal Selva rencontre des scénaristes et partage avec eux une expérience de scénariste.
  • En 2012, elle participe au scénario de « Angie hundred» de Daryush Shokof, réalisateur iranien, producteur indépendant et plasticien contemporain. Angie est une jeune femme démunie pour avoir été abandonnée par son riche mari. Elle trouve auprès des gens de la rue des ressources inventives pour s’en sortir. Une comédie sur la débrouillardise positive, et le lien social.
  • En cours d’écriture : avec Camélia Montasserre (SunRun films) et Bouchta Saïdoun, « Je voulais devenir un homme », un drame de rédemption d’après le livre éponyme de Bouchta Saïdoun (à paraître janvier 2017). Un homosexuel atteint du sida, fils d’immigrés algériens installés dans le grand bidonville d’Arena aux portes de Marseille, puis dans une cité des années 70, grandit en proie à un questionnement solitaire sur son identité de genre dans un milieu où l’homosexualité est tabou. De drame en drame, avec un humour décapant pour seule arme et un sens inné de la résilience, Bouchta va enfin trouver des réponses très personnelles à sa quête existentielle.